Eugenio Bressan

(12 novembre 1949-1er octobre 2018)
lundi 1er octobre 2018
par  dada
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Eugenio est décédé dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre à l’hôpital à Tours. Nous le savions très gravement malade depuis plusieurs mois. Il suivait pourtant toujours avec intérêt le travail d’élaboration du tome 2 de l’Histoire de la FSU par le groupe histoire de l’Institut de la FSU, dans la construction de laquelle il s’était tant investi. Il se réjouissait même que le travail de notre groupe, auquel il avait commencé à participer, avance à grands pas.

Ses obsèques auront lieu vendredi 5 octobre à 14 heures au crématorium du cimetière Tours-sud sur la commune d’Esvres 37230, route des Landes.

Des messages peuvent être adressés à sa soeur, Liliane Thomas, 20bis, rue de la Commanderie AMBOISE 37400.

Sa disparition suit de près celle de Jean-Claude Durdux ; ils furent tous deux des figures du SNES pendant plus de trente ans.

Professeur certifié d’allemand à Amboise quand il prit retraite en 2010, Eugenio – sans accent aigu sur le e de son prénom ; il y tenait beaucoup car il était d’origine italienne – semblait avoir toujours milité au SNES dans la tendance Unité et Action.

Il avait commencé tout jeune, auprès de Suzanne Seguin dans la nouvelle académie d’Orléans-Tours. Quand celle-ci décida de laisser la place aux générations montantes, elle passa le témoin de la direction du S3 en 1975-1976 à une équipe de jeunes militant.es qu’elle avait contribué à former : Eugenio Bressan, Christiane Le Pennec et Jacques Vrain.

Eugenio était MA à l’époque et c’est lui qui entra à la CA nationale comme suppléant en 1975, puis titulaire en 1977. Il ne devait plus quitter cette instance jusqu’à sa prise de retraite syndicale, à 60 ans, en 2009.

Dans les années 1970, Eugenio portait une barbe brune touffue et une abondante chevelure qu’il perdit peu à peu et il devint imberbe après avoir porté moustache.

Très vite, Eugenio, en raison de sa jeunesse et de la solidité de son engagement, fut aspiré à la direction nationale du SNES où il demeura jusqu’en 2009. Militant polyvalent, il connaissait à fond les rouages du système éducatif, de l’administration et du syndicat. Il en maîtrisait toute la plateforme revendicative et était au premier rang dans les actions. Il connaissait aussi presque tous les militant.es, notamment les provinciaux. Ses multiples compétences appuyées sur un sens pointu de la rigueur, son dévouement et son attachement à accomplir les missions qu’on lui confiait, le conduisirent à participer à presque tous les secteurs du secrétariat national.

Il débuta aux publications, fut un moment rédacteur en chef de L’US et mis en route Le Courrier du secrétaire de S1. Puis, polyglotte, il passa au secteur international auprès d’Yves Eveno d’abord, puis comme responsable du secteur et enfin travailla avec Louis Weber. Il eut l’occasion de connaître un grand nombre de militants syndicalistes étrangers qui le cherchaient encore au dernier Congrès du SNES à Rennes.

Connaissant, sur le bout du doigt, lois et règlements, il organisa dans le moindre détail lors de nombreuses échéances les élections aux CAPN, ainsi que les élections internes du syndicat et participa à l’organisation de nombreux congrès. Ses compétences furent mises à profit dans la phase de construction de la FSU, dans les actions en justice contre la direction UID de la FEN puis dans l’élaboration des statuts de la FSU et enfin la mise en route des petits Syndicats nationaux et des sections départementales.

Il termina son parcours à la direction du secteur formation syndicale du SNES : le dernier stage qu’il organisa pour les S2 se tint en juin 2009.

En 2008, il avait écrit en collaboration avec Louis-Marie Barnier et Stephen Bouquin : Revendiquer et s’organiser ! : Représentativité syndicale et démocratie sociale, Syllepse Poche (Les Notes de la Fondation Copernic). Ses archives laissées au SNES ont été triées par l’IRHSES : l’inventaire des 92 cartons figure sur le site de l’IRHSES.

Durant 35 ans, tou.tes les militant.es du SNES et de la FSU le connaissaient. Son travail, ses compétences étaient unanimement appréciées ; son obstination ne lui ne valut cependant pas toujours que des amis car Eugenio avait du caractère. Il était un animateur voire un boute en train après le travail mais aussi un camarade secret. Avec lui disparaît une partie de l’histoire du SNES qu’il a contribué à incarner pour plusieurs générations de militant.es.

Alain Dalançon

Parmi les premiers témoignages reçus  :

Raphaël Szajnfeld (ancien coordinateur UA-Fen puis FSU)
J’appréciais son souci de rigueur (…). Je voudrais surtout souligner le rôle considérable et souvent méconnu qu’il a joué, dans la phase de construction de la FSU, pour aider et conseiller d’une part les syndicats nationaux qui venaient de se créer et qui rejoignaient la FSU, et d’autre part nos sections départementales issues de sections UID, notamment lorsqu’elles étaient confrontées à des attaques devant les tribunaux par des responsables nationaux et locaux de la FEN. Je souhaite que cet aspect de son activité syndicale soit présent dans les hommages qui lui seront rendus.

Louis Weber (ancien secrétaire général adjoint du SNES)
J’avais beaucoup travaillé avec Eugenio sur les relations internationales. Il a été un de ceux qui, après Blanchard et avec Eveno et Petite, ont permis au SNES d’occuper au plan international une place de choix, sans commune mesure avec la "taille", modeste à ce niveau, du syndicat et malgré les tentatives récurrentes de la FEN de nous mettre à l’écart, syndicat et courant de pensée.

J-Paul Beauquier (ancien secrétaire du S3 d’Aix-Marseille, ancien secrétaire national des retraités)
Il avait gardé le moral jusqu’à ces dernières semaines, c’est le sentiment qu’on pouvait avoir en lui téléphonant, et continuait de lire. Chacun a connu le caractère d’Eugenio, sa rigueur et son efficacité. Nous perdons un ami et un militant.

Pierre Petremann (ancien rédacteur en chef de L’US)
C’est un vrai choc pour moi. En dépit de nos relations compliquées, c’était un ami.

Robert Hirsch (ancien membre du BN du SNES, Ecole émancipée )
C’est une part de l’histoire du SNES qui s’en va.

Philippe Koechlin (ancien secrétaire du S3 de Rouen, ancien secrétaire national)
Eugenio suivait le S3 de Rouen quand j’étais aux responsabilités de l’académie et il m’a beaucoup apporté par sa rigueur, son sens des responsabilités. Et si je ne l’avais plus vu depuis quelques années, j’en garde un souvenir ému.

Monique Vuaillat (ancienne secrétaire générale du SNES et de la FSU)
Il a marqué toute la période pendant laquelle j’ai eu des responsabilités au SNES ; les débats n’ont pas manqué mais j’avais une grande admiration pour l’immense travail qu’il fournissait, sur sa rigueur et ses alertes permanentes sur la syndicalisation ; il portait aussi une attention aux élections internes, à la vie des sections .... Je me souviens aussi de nos soirées au resto, parfois le soir après la journée, près de la rue de Courty ; nous qui n’étions pas parisiens, nous nous retrouvions souvent avec Luc et Eugenio, Jean-Marie, Daniel. (...) J’avais une vraie tendresse pour Eugenio !!!


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